Cheville / Pied

Quintus varus (oignon du petit orteil) : symptômes, causes et traitements

Dr Edouard Dessyn · 21 juin 2026 · 5 min de lecture

Saillie osseuse au bord du petit orteil, quintus varus

Le quintus varus, parfois appelé « oignon du petit orteil », est une déformation de l’avant-pied beaucoup moins connue que l’hallux valgus, mais qui repose sur le même principe. Une bosse osseuse apparaît sur le bord externe du pied, au niveau du petit orteil, là où la chaussure vient frotter. Souvent discrète au début, elle peut devenir gênante au quotidien. Bonne nouvelle : des solutions existent à chaque étape, du simple changement de chaussage à la chirurgie mini-invasive pratiquée par le Dr Edouard Dessyn, chirurgien orthopédiste à Aubagne spécialiste de l’avant-pied.

Qu’est-ce que le quintus varus ?

Le quintus varus correspond à une saillie osseuse située sur le bord externe de l’avant-pied, au niveau du petit orteil (le 5e orteil, ou « quintus »). Cette protubérance est formée par la tête du 5e métatarsien, qui fait saillie vers l’extérieur, tandis que le petit orteil a tendance à dévier vers l’intérieur.

Il s’agit en quelque sorte du miroir de l’hallux valgus : même mécanisme de conflit avec la chaussure, mais de l’autre côté de l’avant-pied. On la désigne aussi sous les noms d’« oignon de tailleur » ou de « bunionette ». Comme l’oignon du gros orteil, cette déformation a tendance à s’accentuer lentement avec le temps.

Quels sont les symptômes ?

Les manifestations varient d’une personne à l’autre. Les plus fréquentes sont :

  • une saillie visible sur le bord externe du pied, à la base du petit orteil ;
  • une douleur au niveau de la bosse, surtout lors du chaussage ;
  • une rougeur et un gonflement de la zone, parfois une bursite (inflammation de la petite poche située sous la peau) liée au frottement ;
  • l’apparition d’un cor ou d’un durillon sur le point de conflit avec la chaussure ;
  • une gêne pour se chausser, certaines chaussures devenant difficiles à porter.

La douleur du quintus varus naît avant tout du conflit entre la bosse osseuse et la chaussure, sur le bord externe du pied : c’est le frottement répété, plus que la déformation elle-même, qui fait souffrir.

Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?

Le quintus varus résulte le plus souvent d’une combinaison de facteurs :

  • une prédisposition familiale : la forme du pied, et donc la tendance à développer ce type de saillie, se transmet souvent au sein d’une même famille ;
  • la morphologie de l’avant-pied, en particulier un 5e métatarsien légèrement plus écarté ou orienté vers l’extérieur ;
  • le chaussage : les chaussures étroites ou pointues ne créent pas le quintus varus, mais peuvent accentuer le conflit sur le bord externe et favoriser l’apparition des douleurs ;
  • une association possible avec d’autres déformations de l’avant-pied, comme l’hallux valgus.

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic est avant tout clinique : l’examen du pied permet d’apprécier l’importance de la saillie, l’état de la peau au niveau du conflit et le retentissement sur le petit orteil.

Il est complété par des radiographies réalisées en charge (debout, le pied en appui). Ces clichés mesurent précisément la position du 5e métatarsien et recherchent une éventuelle déformation associée de l’avant-pied. C’est cette analyse qui guide le choix du traitement le mieux adapté à votre situation.

Bord externe du pied, quintus varus
Le quintus varus se reconnaît à la saillie osseuse qui se forme sur le bord externe du pied, à la base du petit orteil.

Les traitements non chirurgicaux

Lorsque la gêne reste modérée, on commence toujours par des mesures non chirurgicales. Elles ne corrigent pas la déformation, mais soulagent les symptômes et limitent l’inconfort :

  • adopter un chaussage large et souple, qui respecte le bord externe de l’avant-pied ;
  • protéger la bosse des frottements à l’aide de protections adaptées (pansements, séparateurs, coussinets) ;
  • utiliser des semelles ou des orthèses pour mieux répartir les appuis sur l’avant-pied ;
  • recourir ponctuellement à des antalgiques ou à des soins locaux en cas de poussée douloureuse, et faire traiter un éventuel cor.

Il est important de garder à l’esprit que ces mesures soulagent mais ne corrigent pas la saillie osseuse. Elles constituent néanmoins une première étape précieuse, et suffisent souvent à retrouver un bon confort au quotidien.

Quand envisager la chirurgie ?

La chirurgie se discute lorsque la douleur devient invalidante, que le chaussage est durablement difficile ou que le conflit sur le bord externe du pied gêne nettement la marche. C’est une décision qui se prend ensemble, en consultation, en fonction de votre gêne et de vos attentes.

Aujourd’hui, le traitement du quintus varus fait appel à des techniques mini-invasives, dites percutanées :

  • l’intervention se réalise par de petites incisions, ce qui limite l’agression des tissus ;
  • le chirurgien réalise une ostéotomie du 5e métatarsien (section osseuse précise) pour réaxer l’os et réduire la saillie ;
  • ces techniques favorisent une remise en marche précoce, à l’aide d’une chaussure post-opératoire spécifique qui protège le pied pendant la cicatrisation.

Le Dr Edouard Dessyn est spécialisé dans cette chirurgie mini-invasive de l’avant-pied. Le déroulé de l’intervention et des suites est toujours expliqué et adapté à chaque patient. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre fiche dédiée au quintus varus à Aubagne.

À noter : le quintus varus peut s’associer à d’autres déformations de l’avant-pied, en particulier l’hallux valgus, l’oignon du gros orteil. L’examen permet de faire la part des choses et de proposer une prise en charge globale et cohérente.

Vivre avec un quintus varus : nos conseils

Quelques gestes simples aident à mieux vivre avec un oignon du petit orteil et à préserver le confort de vos pieds :

  • privilégier des chaussures confortables, suffisamment larges au niveau de l’avant-pied, en évitant les modèles trop étroits ou pointus au quotidien ;
  • protéger la zone de conflit pour éviter l’apparition d’un cor ou d’une irritation ;
  • surveiller l’évolution de la déformation et des douleurs, sans attendre une gêne majeure pour consulter ;
  • ne pas hésiter à demander un avis spécialisé : un examen permet de faire le point et de vous proposer la solution la plus adaptée, qu’elle soit non chirurgicale ou chirurgicale.

L’essentiel est de ne pas laisser la douleur s’installer durablement. Un avis auprès d’un chirurgien spécialisé de l’avant-pied vous permet de comprendre votre situation et de choisir, en confiance, le traitement qui vous convient.

Questions fréquentes

Le quintus varus, est-ce un « oignon » comme l’hallux valgus ?

Oui, dans le principe. C’est une saillie osseuse douloureuse de l’avant-pied liée au conflit avec la chaussure, mais elle se situe sur le bord externe, au niveau du petit orteil (5e orteil), alors que l’hallux valgus concerne le gros orteil. On parle aussi d’« oignon de tailleur » ou de « bunionette ».

Une semelle ou une chaussure plus large peut-elle faire disparaître la bosse ?

Non. Aucune mesure non chirurgicale ne corrige la saillie osseuse elle-même. Un chaussage large, des protections et des semelles soulagent les douleurs et limitent le frottement, mais seule la chirurgie corrige réellement la déformation.

La chirurgie du quintus varus permet-elle de marcher rapidement ?

L’ostéotomie du 5e métatarsien se réalise aujourd’hui par de toutes petites incisions (technique percutanée), ce qui permet en général une remise en marche précoce, à l’aide d’une chaussure post-opératoire adaptée. Le déroulé exact dépend de chaque patient et vous est précisé en consultation.

Faut-il opérer un quintus varus qui ne gêne pas ?

Pas forcément. Tant que la gêne reste légère et que le chaussage est confortable, on privilégie les mesures non chirurgicales. La chirurgie se discute lorsque la douleur devient invalidante ou que le conflit avec la chaussure rend la marche et le chaussage difficiles au quotidien.

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