Cheville / Pied

Névrome de Morton : symptômes, causes et traitements

Dr Edouard Dessyn · 21 juin 2026 · 4 min de lecture

Avant-pied douloureux évoquant un névrome de Morton

Le névrome de Morton est une cause fréquente de douleur de l’avant-pied, parfois déroutante car elle se déclenche surtout à la marche et en chaussures. Beaucoup de patients décrivent une brûlure ou la sensation gênante d’un caillou sous le pied. La bonne nouvelle : dans la majorité des cas, des solutions simples soulagent durablement, et la chirurgie ne se discute qu’au bon moment. Le Dr Edouard Dessyn, chirurgien orthopédiste à Aubagne spécialisé dans l’avant-pied en techniques mini-invasives, vous explique l’essentiel.

Qu’est-ce que le névrome de Morton ?

Le névrome de Morton n’est pas une véritable tumeur, malgré son nom. Il s’agit de l’épaississement et de l’irritation d’un nerf interdigital, c’est-à-dire l’un des petits nerfs qui passent entre les os de l’avant-pied pour rejoindre les orteils.

Cette irritation se développe le plus souvent dans le 3e espace inter-orteils, entre le troisième et le quatrième orteil. Le nerf, comprimé de façon répétée, réagit en s’épaississant, ce qui entretient et aggrave la douleur.

Quels sont les symptômes ?

Le maître symptôme est une douleur de l’avant-pied, déclenchée par la marche et le chaussage :

  • une douleur en brûlure ou en décharge électrique irradiant vers les orteils ;
  • une sensation de caillou ou de pli de chaussette sous le pied ;
  • des fourmillements ou un engourdissement des orteils concernés ;
  • une douleur aggravée par les chaussures serrées et les talons hauts ;
  • un net soulagement en se déchaussant et en massant l’avant-pied.

Quand une douleur de l’avant-pied vous oblige à retirer vos chaussures pour être soulagé, et qu’elle revient régulièrement, un avis spécialisé est justifié.

Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?

Le névrome de Morton résulte d’une compression répétée du nerf interdigital. Plusieurs éléments la favorisent :

  • des chaussures trop serrées ou à bout étroit ;
  • le port fréquent de talons hauts, qui reporte le poids sur l’avant-pied ;
  • certains troubles de la statique du pied, comme les griffes d’orteils ou un avant-pied large ;
  • des sollicitations répétées de l’avant-pied dans certaines activités.

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic repose d’abord sur l’examen clinique. Votre chirurgien recherche une douleur reproduite par la pression de l’espace concerné et un signe de Mulder : en comprimant l’avant-pied, on perçoit parfois un ressaut douloureux caractéristique.

Cet examen est confirmé, si nécessaire, par une échographie et/ou une IRM, qui visualisent l’épaississement du nerf et permettent d’écarter d’autres causes de douleur de l’avant-pied.

Avant-pied examiné en consultation pour un névrome de Morton
Le névrome de Morton se développe le plus souvent dans le 3e espace, entre le troisième et le quatrième orteil.

Les traitements non chirurgicaux

C’est toujours par là que débute la prise en charge. Plusieurs leviers se combinent pour réduire la compression du nerf :

  • un chaussage large et plat, qui libère l’avant-pied ;
  • l’arrêt des talons hauts et des chaussures à bout étroit ;
  • des semelles orthopédiques avec un appui rétrocapital, qui écarte les os et décharge le nerf ;
  • des antalgiques lors des épisodes douloureux ;
  • une infiltration dans certaines situations.

Bien conduits, ces traitements soulagent une grande partie des patients. Pour aller plus loin, consultez notre fiche dédiée au névrome de Morton à Aubagne.

Quand envisager la chirurgie ?

La chirurgie n’est proposée que lorsque la douleur reste gênante et persistante malgré un traitement bien suivi. Selon votre situation, le Dr Dessyn peut alors proposer une intervention visant à libérer le nerf comprimé ou à retirer le névrome, avec l’objectif de supprimer la douleur.

Lorsque la déformation associée le justifie, la correction de griffes d’orteils peut être discutée dans le même temps. Le choix se fait toujours avec vous, en fonction de votre gêne réelle et de votre mode de vie.

Vivre avec un névrome de Morton : nos conseils

Choisir des chaussures larges et confortables, limiter les talons, utiliser les semelles prescrites et masser l’avant-pied lors des poussées : ces réflexes simples font une vraie différence au quotidien. Ne pas laisser la douleur s’installer et consulter au bon moment permet d’agir avant que la gêne ne devienne invalidante.

Questions fréquentes

Le névrome de Morton impose-t-il toujours une opération ?

Non. La prise en charge commence toujours par des mesures simples : un chaussage large, des semelles adaptées, parfois une infiltration. La chirurgie n'est envisagée que lorsque la douleur persiste malgré ces traitements bien conduits.

Comment reconnaître une douleur de névrome de Morton ?

C'est une douleur de l'avant-pied à type de brûlure ou de décharge électrique, qui irradie vers les orteils, souvent accompagnée d'une sensation de caillou ou de pli sous le pied. Elle est typiquement aggravée par les chaussures serrées et calmée en se déchaussant.

Quel examen confirme le diagnostic ?

Le diagnostic est avant tout clinique : votre chirurgien recherche notamment le signe de Mulder. Il est confirmé si besoin par une échographie et/ou une IRM, qui visualisent l'épaississement du nerf et écartent d'autres causes de douleur.

Le chaussage suffit-il à soulager ?

Souvent, oui. Privilégier des chaussures larges et plates, éviter les talons et utiliser des semelles avec un appui rétrocapital réduisent la compression du nerf et calment la douleur chez de nombreux patients.

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