L’ostéotomie du genou est une intervention parfois méconnue, qui ne remplace pas l’articulation mais la préserve. Lorsque le genou s’use d’un seul côté à cause d’une déviation de l’axe de la jambe, corriger cet axe permet de soulager la zone abîmée et de retarder, parfois de plusieurs années, la pose d’une prothèse. Voici comment se déroule cette opération et à quoi ressemble la récupération.
Le principe : réaxer la jambe pour soulager le genou
Quand la jambe est déviée — en « jambes arquées » ou au contraire en « X » — l’appui du corps ne se répartit pas uniformément sur le genou. Il se concentre sur un seul compartiment, qui s’use prématurément. C’est souvent l’origine d’une arthrose du genou localisée d’un seul côté.
Le principe de l’ostéotomie est simple : en sectionnant puis en repositionnant l’os, le plus souvent au niveau du tibia, votre chirurgien réoriente la jambe pour reporter l’appui sur la partie restée saine. L’articulation n’est pas remplacée : on modifie sa mécanique pour la décharger.
L’ostéotomie ne supprime pas l’usure existante : elle la met « au repos » en rééquilibrant les appuis.
Dans quels cas opérer ?
L’ostéotomie s’adresse à un profil de patient bien précis :
- une arthrose localisée à un seul compartiment du genou ;
- une déviation de l’axe de la jambe, mise en évidence par le bilan ;
- des patients plutôt jeunes et actifs, pour qui une prothèse serait prématurée ;
- une bonne mobilité du genou et un bon état général.
Tous les genoux ne se prêtent pas à cette technique. C’est le rôle du bilan, mené par votre chirurgien, de vérifier que l’ostéotomie est la solution la mieux adaptée à votre cas. Au CCOA, à Aubagne, le Dr Dessyn étudie l’axe de votre jambe et l’état de votre cartilage avant de proposer cette option.
Comment se déroule l’intervention ?
La correction est planifiée avec soin avant l’opération, à partir de mesures précises de l’axe de la jambe, pour obtenir un résultat fiable. Le jour de l’intervention, votre chirurgien réalise la coupe osseuse calculée à l’avance, corrige l’axe, puis fixe l’os dans sa nouvelle position à l’aide d’une plaque et de vis.
Cette planification rigoureuse est ce qui fait la précision du geste : il ne s’agit pas seulement de couper l’os, mais de lui donner exactement la bonne orientation.
Anesthésie et hospitalisation
L’intervention se déroule sous anesthésie générale ou loco-régionale, selon votre situation et l’avis de l’anesthésiste, que vous rencontrez en consultation avant l’opération. L’hospitalisation dure habituellement quelques jours.
Une prise en charge de la douleur est mise en place dès le réveil. Pour mieux comprendre cette étape, vous pouvez consulter notre page dédiée à l’hospitalisation.
Les suites et la rééducation
La récupération après une ostéotomie demande un peu de patience, car il faut laisser l’os consolider avant de le solliciter pleinement. Concrètement :
- l’appui sur la jambe est repris progressivement, selon les consignes de votre chirurgien, avec l’aide de cannes au début ;
- la rééducation accompagne ce retour à la marche et entretient la mobilité du genou ;
- la consolidation osseuse s’étale sur plusieurs semaines ;
- un suivi régulier contrôle la bonne cicatrisation.
La page après l’intervention détaille ce que vous pouvez attendre de ces premières semaines.
Quand reprendre ses activités ?
Le retour aux activités du quotidien se fait par étapes, à mesure que l’os consolide et que la marche redevient confortable. La conduite, le travail puis les loisirs sont repris selon votre évolution personnelle, et toujours après le feu vert de votre chirurgien.
L’ostéotomie étant précisément destinée à préserver un genou actif, la reprise sportive est un objectif assumé — mais elle se fait progressivement, une fois la consolidation acquise et la force récupérée.
Résultats attendus
Bien indiquée et bien réalisée, l’ostéotomie soulage la douleur en déchargeant le compartiment usé, et permet de retrouver un genou plus confortable au quotidien. Son grand intérêt est de préserver l’articulation : elle ne ferme pas la porte à une prothèse du genou ultérieure, mais permet souvent de repousser cette échéance de plusieurs années. Le choix se fait toujours avec vous, en fonction de votre gêne réelle et de votre mode de vie.